Le téléfilm HBO inédit “Paterno”, avec Al Pacino dans la peau d’un entraîneur de football américain plongé dans un scandale sexuel, est diffusé ce soir à 20h40 sur OCS Max.
En avril 2000 sortait dans les salles françaises L’Enfer du dimanche d’Oliver Stone, dans lequel Al Pacino incarnait Tony D’Amato, un coach particulièrement charismatique et passionné. Pas loin de 18 ans plus tard, le célèbre rôle-titre du Parrain revient à la thématique du football américain avec un téléfilm HBO inédit : Paterno, diffusé ce soir à 20h40 sur OCS Max (et disponible à la demande sur OCS Go).
Ce long métrage est adapté d’une affaire qui avait provoqué un véritable séisme dans le monde du sport US. Joe Paterno, une légende du football américain entraînant l’équipe de Penn State, est une personnalité sportive extrêmement respectée. Il se retrouve pourtant au coeur d’un scandale, lorsque l’un de ses adjoints, Jerry Sandusky, est accusé d’agressions sexuelles. Tiraillé entre ses responsabilités et son devoir, Paterno hésite et tente de comprendre pourquoi les organisations sportives n’ont pas pu empêcher un tel crime. Il sera finalement congédié en 2011 après avoir entraîné les Penn State Nittany Lions depuis 1966.
Paterno est réalisé par Barry Levinson, célèbre metteur en scène à qui l’on doit plusieurs films qui ont fait date dans l’histoire du cinéma américain, comme Good Morning, Vietnam ou encore Rain Man. Le cinéaste fait d’ailleurs équipe pour la troisième fois avec Al Pacino, puisque le comédien campait le personnage principal de The Humbling et La Vérité sur Jack. Le scénariste David McKenna (American History X) s’est quant à lui occupé d’écrire Paterno. Notons pour finir que ce téléfilm marque la quatrième collaboration entre Al Pacino et HBO, après les biopics Phil Spector et La Vérité sur Jack, mais aussi la série Angels in America.
Nearly two years after the cross-border surgical strikes inside Pakistan Occupied Kashmir(PoK), Lt. Gen. (retd) D S Hooda, the Northern Army commander, who oversaw the operation has said that the constant hype around the operation was unwarranted.
Speaking at a discussion on the ‘Role of Cross-Border Operations and Surgical Strikes’ at the ongoing Military Literature Festival, Lt. Gen. Hooda said it was natural to have an initial euphoria over the success but the constant maintenance of hype around the military operations was unwarranted.
L’actrice américaine Michelle Rodriguez fête ses 40 ans ce jeudi 12 juillet. L’occasion de revenir en photos sur une carrière badass, de la saga “Fast and Furious” à “Avatar” en passant par “Machete” et la série “Lost”…
L’actrice américaine Michelle Rodriguez fête ses 40 ans ce jeudi 12 juillet. L’occasion de revenir en photos sur une carrière badass, de la saga Fast and Furious à Avatar en passant par Machete, Resident Evil et la série Lost…
Total hip implant consists of total replacement of all components with prosthetic ones. These involve the placement of a metal stem into the hollow centre of thighbone, replacement of actual ball and socket joint, cartilage with a prosthetic ball, socket made up of strong plastic, metal or ceramics.
The surgery is called Articular Surface Replacement (ASR) and ASR hip resurfacing system. A subsidiary of Johnson and Johnson, DePuy International Limited (DePuy), UK had been manufacturing and importing the implants for several years to India.
Rencontre avec Peyton Reed, le réalisateur du blockbuster Marvel “Ant-Man et la Guêpe”, en salles ce mercredi.
Trois ans après avoir signé Ant-Man, l’Américain Peyton Reed est de retour dans la galaxie Marvel aux commande de la suite, Ant-Man et la Guêpe. Au micro d’AlloCiné, il évoque avec enthousiasme cette aventure super-héroïque, qui sort ce mercredi dans les salles hexagonales.
AlloCiné : Cette suite est-elle plus grande ou plus… petite que le premier film “Ant-Man” ?
Peyton Reed : Les deux ! Ant-Man et la Guêpe est à la fois plus grand et plus petit que le premier film. L’idée était de reprendre la technologie des particules du docteur Pym et de l’utiliser non pas uniquement sur les personnages mais aussi sur les véhicules, les immeubles, et de s’éclater avec cette technologie d’agrandissement et de rétrécissement. Nous avions par exemple l’idée que le costume d’Ant-Man fonctionne mal et que Scott Lang reste coincé dans différentes tailles, on trouvait ça marrant ! Mais nous avons également maintenu les scènes d’intimité qui existaient déjà dans le premier film. Car c’est en vérité une histoire de famille, l’histoire d’un père et de sa fille. C’est pourquoi ce film est à la fois plus grand et plus petit.
Avec cette suite, avez-vous gagné en confiance en tant que réalisateur ? Le premier film était votre premier blockbuster…
Ant-Man comportait beaucoup d’effets spéciaux et c’était une grande leçon pour moi, donc oui, je suis arrivé sur Ant-Man et la Guêpe en sachant mieux comment intégrer les effets visuels, et aussi en sachant mieux comment fonctionne le système Marvel. C’est génial, car ce sont de grands films très denses visuellement, mais le processus est fait de telle sorte que si vous voulez changer quelque chose en cours de route ou même tard dans la production, c’est possible. C’est un processus très fluide, qui me plaît beaucoup. Ils prévoient par exemple des jours de tournage additionnels dès le tout début. Vous n’en aurez peut-être pas besoin, mais si tel est le cas, ils sont déjà prévus. Je suis donc arrivé sur ce tournage en sachant mieux comment intégrer tout ça.
Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Douglas et l’équipe de Ant-Man et la Guêpe prennent la pose à Disneyland Paris
Parlez-nous du personnage de la Guêpe, qui est au centre de cette suite…
La Guêpe est vitale dans ce film. Le film s’appelle Ant-Man et la Guêpe car c’est l’histoire d’une collaboration. Vont-ils réussir à travailler ensemble ? Hope Van Dyne est une super-héroïne à part entière, et une question lui traverse l’esprit : “Est-ce que j’ai vraiment besoin d’un partenaire ? Si oui, est-ce que ce partenaire, c’est Scott Lang ?” C’est vraiment le nœud dramatique du film. C’était donc très excitant pour moi d’introduire cette héroïne pour la première fois à travers ce film.
Pouvez-vous enfin nous parler de la connexion d'”Ant-Man et la Guêpe” avec la saga “Avengers” ?
Si j’en dis trop sur Avengers 4, il y a des snipers Marvel qui sont installés un peu partout ici, prêts à me descendre pour que je ne dévoile rien… Notre film est plus un film à part, même si on fait référence à la fin d’Avengers: Infinity War dans notre film, et je pense qu’on le fait d’une manière qui est spécifique au ton d’Ant-Man et la Guêpe. J’aime que notre film sorte après Infinity War car les deux n’ont rien à voir dans le ton. C’est déjà ce que nous avions fait avec Ant-Man en sortant juste après L’Ere d’Ultron. Et je pense que c’est bien, c’est ce que les gens aiment dans l’univers Marvel, que les films soient des expériences totalement différentes, qui ont chacune leur ton bien spécifique.
Propos recueillis par Clément Cuyer à Paris, le 14 juillet 2018
Canada’s independent largest diamond producer, Dominion Diamond Mines and Rio Tinto have made a momentous discovery of the biggest ever diamond to be found in North America.
The company which has ownership interests in two major producing diamond mines situated approximately 200 kilometers south of the Arctic Circle in Canada’s Northwest Territories, the egg-sized diamond has been extracted from Diavik Diamond Mine.
La bande-annonce du film “Dragon Ball Super: Broly” a été dévoilé au Comic-Con 2018, révélant le combat épique qui s’annonce entre Gokû, Vegeta et le Saiyan légendaire.
Comme promis, une première bande-annonce du film Dragon Ball Super a été dévoilée lors du Comic-Con de San Diego 2018. Supervisé par Akira Toriyama, ce vingtième long-métrage de la franchise sera l’occasion d’intégrer Broly dans la chronologie officielle de la série (il était jusqu’ici considéré comme “non-canon”), alors que le personnage sera selon les dires du mangaka “rebooté”.
Arborant un nouveau look, le Saiyan légendaire n’a cependant rien perdu de sa puissance colossale, et son combat contre Gokû et Vegeta promet d’ores et déjà d’être aussi épique que visuellement époustouflant. Rappelons que l’intrigue du film se déroule après le Tournoi du Pouvoir (l’arc final de la série, diffusé en mars dernier), expliquant ainsi la présence de Golden Freezer, l’Empereur galactique ressuscité par Whis.
Les détails précis de l’intrigue ne sont en revanche pas connus, et les motivations de Broly ne sont donc pas encore connues (ce dernier semble sous l’influence de son père Paragus, lui aussi “rebooté” par Toriyama). Dragon Ball Super: Broly est attendu pour le 14 décembre prochain dans les cinémas japonais, mais ne dispose pour l’heure d’aucune date de sortie en France.
Dragon Ball : comme Broly, ces personnages ne sont pas “canon”
Police in Agra has arrested two men in connection with the abduction and gangrape of a 19-year-old engineering student.
According to police, the two arrested accused have been identified as 23-year-old Rahul Nishad, a vegetable vendor, and 19-year-old Kanhaiya Lal, who worked in a milk powder factory.
Police also said that they have identified two more accused and are on the hunt for them.
ANI
The incident happened on Tuesday evening, when the victim, an engineering student, was going to her coaching centre.
According to her family’s complaint, she was stopped by two men near Bhagwan Talkies crossing on the National Highway and was forcibly taken to an isolated place near the ghat where two other accused were already present and all the four raped her.Click Here: Golf Equipment Online
A l’occasion de la ressortie de “Platoon” réalisé par Oliver Stone, pleins feux sur la genèse complexe de ce film de guerre culte.
Platoon d’Oliver Stone
Avec Tom Berenger, Willem Dafoe, Charlie Sheen…
De quoi ça parle ? Septembre 1967 : Chris Taylor, dix-neuf ans, rejoint la compagnie Bravo du 25ème régiment d’infanterie, près de la frontière cambodgienne. Issu d’une famille bourgeoise, il s’est engagé volontairement et, plein d’idéal, entend bien servir son pays. Mais la réalité est tout autre et ses illusions vont tomber les unes après les autres. Il sera également témoin de la rivalité sanglante qui oppose deux officiers qu’il admire.
Premier volet de la trilogie d’Oliver Stone ayant pour thème la guerre du Vietnam (comprenant aussi Né un 4 juillet et Entre Ciel et Terre), Platoon fait partie de ces films cultes qui ont connu un historique de production particulièrement mouvementé. Ayant lui-même été au front pendant ce conflit, le réalisateur voulait, dès la fin de son service à la fin des années 1960, faire un métrage centré sur ce qu’il a vécu en tant que soldat. Ainsi, lorsqu’il était étudiant avec un certain Martin Scorsese comme professeur, il a mis en scène un film intitulé “L’Année dernière au Vietnam” qui traitait de son expérience de guerre et plus particulièrement de la question du traumatisme.
Pour l’anecdote, Oliver Stone a écrit le premier jet de Platoon en 1971. Il l’envoya alors à Jim Morrison, dans l’espoir que ce dernier accepte de jouer le rôle finalement tenu par Charlie Sheen. On raconte que le chanteur avait avec lui le script lorsqu’il fut découvert mort, à Paris, le 3 juillet 1971. Une vingtaine d’années plus tard, Oliver Stone lui a rendu hommage en lui consacrant un film, The Doors.
Une fois la version brute du scénario de Platoon achevée, en 1976, Oliver Stone a tenté de trouver un financement auprès de plusieurs producteurs, mais en vain. Personne ne voulait produire son script, jugé “trop dur, trop noir et déprimant”. Mais ce scénario lui a toutefois permis d’être engagé sur le film carcéral Midnight Express, qui lui a valu l’Oscar du meilleur scénario adapté. Auréolé de ce succès, son nom est devenu synonyme de réussite à Hollywood, d’autant plus qu’il a enchaîné avec l’écriture d’un autre film marquant : Scarface. Il accepta ensuite de réaliser gratuitement Salvador, un long métrage choc porté par un James Woods au sommet de son art, pour pouvoir obtenir les 6 millions de dollars nécessaires à la production de Platoon.
Oliver Stone voulait tourner son film de guerre aux Philippines, comme l’avait fait Francis Ford Coppola avec Apocalypse Now, en raison de la présence de forêts tropicales “faciles” d’accès. Le tournage a failli être annulé à cause d’un coup d’état militaire visant à renverser Ferdinand Marcos, mais a finalement pu commencer deux jours après le départ de l’homme d’Etat philippin. Pour faire en sorte que le jeu des comédiens soit le plus authentique possible, le réalisateur et son conseiller militaire Dale Dye se comportaient avec eux de manière tyrannique, tels des officiers de l’armée dont l’intransigeance ne connaît pas de limites. Un camp d’entraînement a également été conçu pour que les acteurs puissent être mis en situation.
Top 5 Emissions Bonus
Lors de sa sortie, Platoon a été un très gros succès au box-office puisque le film a rapporté pas loin de 138 millions de dollars dans le monde (pour un budget de 6 millions). Il a érigé Oliver Stone au rang des cinéastes de renom mêlant qualités esthétiques et propos contestataire pertinent, grâce à cette dénonciation sans tabou de la guerre, et ce en pleine présidence de Ronald Reagan. La réussite du film se trouve également dans son casting, avec l’idée particulièrement judicieuse d’attribuer le rôle du mauvais soldat à Tom Berenger (un acteur habitué à jouer les gentils) et celui du bon à Willem Dafoe (au contraire davantage sollicité pour camper les bad guys). Platoon a par ailleurs été couronné de plusieurs récompenses, dont quatre Oscars : Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleure son et Meilleur montage.
Des héros qui n’en sont pas vraiment, un rapport complexe au temps, un goût prononcé pour le film noir et la manipulation… Passage en revue des obsessions de Christopher Nolan, qui fête ses 48 ans ce 30 juillet.
1. Doodlebug (1997)
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Un court métrage dans lequel un homme chasse un insecte… et découvre avec surprise la nature de ce dernier. En moins de trois minutes, la notion de perte de repères et l’art du twist sont déjà présents chez le cinéaste.
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Il y a vingt ans, quelques rares spectateurs découvraient en salles celui qui allait devenir l’un des cinéastes majeurs du XXIè siècle, capable de conjuguer l’ampleur d’un blockbuster à une vision d’auteur. Sorti en 1998, Following marquait les débuts de Christopher Nolan, qui allait ensuite frapper un grand coup deux ans plus tard grâce à Memento et son concept retors, avant de se voir confier la mission, alors périlleuse, de ressusciter Batman. Passant d’un genre à l’autre, il n’a cessé de suivre la ligne directrice de ses débuts, développant des thèmes, figures et obsessions d’un film à l’autre.
LA MANIPULATION
Qu’il parle d’un justicier habillé en chauve-souris, d’un braquage mental dans l’univers des rêves ou d’un homme bien décidé à venger la mort de sa femme malgré sa mémoire défaillante, Christopher Nolan en revient au même genre : le thriller, dont les codes et l’intensité irriguent fréquemment sa filmographie. À une autre époque, celle de l’Âge d’Or hollywoodien (entre les années 30 et 50), il aurait sans aucun doute été l’un des spécialistes du film noir, avec ses personnages à priori normaux pris dans une spirale qui leur échappe, ou la figure de la femme fatale, qui revient de façon récurrente, dans Following, Memento ou Inception. Ou l’usage du noir et blanc.
Un procédé dont l’emploi était initialement lié au daltonisme du cinéaste, mais qui fait sens dans son oeuvre : parce qu’il renvoie au film noir donc, mais aussi parce que ses nuances de gris décrivent parfaitement ses protagonistes et l’absence de manichéisme que l’on retrouve chez lui. Ses histoires ne se résument pas un bête affrontement entre le Bien et le Mal puisque les méchants ne le sont pas complètement (à part son Joker, qui demeure néanmoins fascinant), et les gentils ont des zones d’ombre, à l’image du Batman incarné par Christian Bale. Un homme qui, par son aveuglement, manque régulièrement de franchir la limite qui sépare la justice et la vengeance, et semble pouvoir flancher à tout moment.
On note une perte de repères pour les personnages, qui ne savent pas vraiment à qui se fier et peuvent ainsi se faire manipuler. Comme Bruce Wayne s’il avait suivi les préceptes d’Henri Ducard (Liam Neeson) à la lettre dans Batman Begins, ou Leonard (Guy Pearce), qui découvre que Natalie (Carrie-Anne Moss) se sert de lui dans Memento, et que son ennemi tout désigné (Joe Pantoliano) n’est peut-être pas le coupable qu’il paraît être. Car Christopher Nolan se sert aussi de ce trouble généralisé pour se jouer de nous.
Reconnaissant volontiers qu’un cinéaste est, par essence, un manipulateur, à travers ce qu’il choisit de montrer ou non, il nous mène régulièrement en bateau en jouant sur la notion de point de vue, dont il fait un usage très précis. En nous faisant suivre une (en)quête au coeur du récit, le cinéaste peut nous emmener à sa guise là où il le souhaite et a souvent utilisé le twist en guise de conclusion, en démontrant par exemple que le meurtrier de la femme de Leonard n’était autre que Leonard lui-même dans Memento, ou avec un tour de passe-passe au moment de dévoiler le truc d’Alfred Borden (Christian Bale) à la fin du Prestige.
Sorti en 2006, le film n’a pas connu le succès escompté mais il est, avec Memento, celui qui illustre le mieux le goût de Christopher Nolan pour la manipulation. Car on retrouve un peu du metteur en scène dans Robert Angier (Hugh Jackman) et Alfred Borden, illusionnistes qui rivalisent d’ingéniosité pour tromper le monde qui les entoure : alors qu’il orchestre ce face-à-face par spectacle interposé, c’est son propre tour de magie qu’il réalise, suivant la structure énoncée par le personnage incarné par Michael Caine dans la scène d’ouverture, qui fait office de note d’intention. Le tout sans recours à l’un des thèmes préférés du cinéaste.
Le Prestige Bande-annonce VO
LE TEMPS
Avec dix longs métrages réalisés en l’espace de vingt ans, Christopher Nolan est un metteur en scène qui prend son temps… et le met fréquemment au coeur de ses histoires. Dans la structure notamment, et ce dès Following, son premier film, qui s’articule autour de flashbacks. Un récit presque classique à côté de celui de Memento, qui fait s’entrecroiser deux chronologies : le présent, en noir et blanc, auquel nous revenons régulièrement entre deux séquences du récit principal, qui nous fait aller de la fin vers le début. Le metteur en scène nous glisse ainsi dans la peau de son personnage principal, avec ses pertes de mémoire immédiate. Comme lui, il nous est impossible de savoir ce qu’il s’est passé quinze minutes auparavant, et nos certitudes sont sans cesse remises en cause par cette astuce temporelle.
Sans cela, l’histoire de Memento serait on ne peut plus linéaire et classique. En inversant la chronologie, il en décuple ses effets et applique certains des préceptes de son maître absolu en matière de cinéma : “Kubrick avait réussi, en 1968, à se débarrasser complètement de toutes les règles qui lui étaient imposées et à réinventer totalement le cinéma”, a-t-il expliqué lors d’une masterclass donnée au dernier Festival de Cannes, en marge de la présentation d’une version de 2001 dont il a supervisé la restauration.
Donc pourquoi pas nous ? Pourquoi est-ce que d’autres réalisateurs et moi-même n’essayerions pas de repousser, jusqu’à l’extrême, les limites et cadres théoriques que l’on pourrait tenter de nous imposer.
Chez Nolan, ce sont les cadres temporels qui sont remis en question. D’abord de façon ostensible comme dans Memento, au risque “d’attirer l’attention sur la fabrication du film, et que le spectateur voit trop [les] tactiques de metteur en scène.” Puis grâce à la magie du montage alterné, dont il exploite la puissance narrative dès Le Prestige et son alternance de points de vue entre Angier et Borden, sans pour autant aller aussi loin que le livre de Christopher Priest dont le scénario s’inspire et qui parvient à faire parler les morts à grands coups de journaux de bord. Mais c’est avec l’une des séquences centrales de The Dark Knight, lorsque des menaces de mort pèsent sur les pouvoirs exécutifs en place avec une tension qui va crescendo, puis la quasi-intégralité d’Inception qu’il franchit un cap dans ce registre.
Plus particulièrement lorsque le casse au coeur du récit est en cours et que plusieurs temporalités se mélangent : une par niveau de rêve, où le temps s’écoule différemment. D’où des ruptures de rythme et de vitesse de défilement de l’image, qui n’entâchent pas la montée de la tension, et des changements climatiques choisis par Christopher Nolan pour aider le spectateur à se situer et comprendre à quel “étage” il se trouve. Mais c’est bien dans Dunkerque que l’obsession du cinéaste pour le temps atteint son paroxysme, puisque le film est à lui seul un concept temporel. Nous suivons en effet l’opération Dynamo menée sur les plages de la ville du Nord de la France en juin 1940 à travers trois points de vue et autant de lieux (la terre, la mer et le ciel) et de temporalités (une semaine, une journée et une heure).
Dunkerque Bande-Annonce Officielle VOST
Rythmé par une bande-originale qui accentue l’urgence et le côté “course contre la montre”, Dunkerque s’est vu remettre les Oscars du Meilleur Montage et Meilleur Montage Son, ce qui est parfaitement logique tant il fait figure d’aboutissement de l’art de son metteur en scène sur ce plan. Le Britannique y gagne ses galons d’auteur une bonne fois pour toutes au passage, en réussissant à s’emparer de l’un des genres les plus classiques du cinéma (le film de guerre) pour donner naissance à un bébé qui lui ressemble avant tout : “L’idée était de donner au spectateur quelque chose qu’il n’avait jamais vue, puisqu’il ne s’était jamais placé à hauteur des soldats pris dans cette situation”, a-t-il précisé à ce sujet à Cannes, prouvant que sa palette est bien plus large que ce que son amour du thriller pouvait initialement laisser penser.
Et ce après avoir mis de côté l’aspect technique du temps au profit d’une notion bien plus humaine : le temps qui passe. Celui qui a laissé des cicatrices sur le corps déjà meurtri de Bruce Wayne pendant les huit années qui séparent la fin de The Dark Knight du début de The Dark Knight Rises, ou celui qui file sous les yeux de Cooper (Matthew McConaughey), l’astronaute qui voit ses enfants grandir et vieillir dans les vidéos qu’ils lui envoient alors qu’il est en mission pour sauver la Terre. De loin la scène la plus émouvante de toute la filmographie de Christopher Nolan, cinéaste à qui l’on a très longtemps reproché sa froideur.
LA FAMILLE
“Les extrêmes vers lesquels je vais pousser mes personnages relèvent du mélodrame. Je n’ai pas recours à ce terme de façon péjorative, car le mélodrame permet de placer les personnages dans ce à quoi nous pouvons adhérer. Vos vies comme la mienne sont heureusement tranquilles, mais nous avons besoin de nous projeter sur grand écran avec des personnages qui doivent être confrontés à des situations difficiles, extrêmes.” C’est ainsi que Christopher Nolan évoquait, sur la Croisette, l’aspect émotionnel qu’il cherche à conférer à ses personnages. Et sous-entend pourquoi le thème de la famille revient si souvent dans son cinéma.
La famille (ou son absence) fait bien souvent office de catalyseur : Bruce Wayne décide de rendre la justice dans les rues de Gotham City pour éviter que d’autres enfants ne deviennent orphelins comme lui ; comme Leonard dans Memento, Angier se lance dans une quête suite à la mort de son épouse dans Le Prestige, et cherche à se venger de celui qu’il juge responsable ; et c’est notamment pour être réhabilité et pouvoir revoir ses enfants que Dom Cobb (Leonardo DiCaprio) accepte la mission de Saito (Ken Watanabe) dans Inception, et doit notamment lutter contre les souvenirs de sa défunte femme Mal (Marion Cotillard), qui reviennent le hanter. Sans oublier Cooper qui accepte de ne pas voir sa progéniture grandir pour lui permettre de survivre, et tente de fonder une nouvelle famille à la fin d’Interstellar.
Si le thème est aussi présent dans ses films, c’est peut-être parce que Christopher Nolan fait du cinéma en famille. Au propre comme au figuré : son épouse Emma Thomas est sa productrice depuis le court métrage Doodlebug, sur lequel travaillait déjà son frère Jonathan qui deviendra ensuite le co-scénariste de presque tous ses longs (seuls Insomnia, Inception et Dunkerque ne sont pas passés entre ses mains). Et il a fait tourner son oncle John dans quatre de ses oeuvres : Following, Batman Begins, The Dark Knight Rises et Dunkerque.
ll est très agréable de travailler en famille, car il est très agréable d’être entouré de collaborateurs dont vous ne pouvez pas douter une seconde qu’ils n’ont pas d’autre raison d’être là que d’être dévoués à l’intérêt du film et vous faire comprendre où vous allez.
Mais Christopher Nolan s’est aussi constitué une famille de cinéma, en travaillant régulièrement avec les mêmes collaborateurs : Lee Smith, son monteur depuis Batman Begins ; le chef décorateur Nathan Crowley, qui le suit depuis ses premiers pas chez la Warner avec Insomnia ; Wally Pfister, qui fût son chef opérateur de Memento à The Dark Knight Rises et à qui Hoyte van Hoytema a succédé lorsqu’il a choisi de se tourner vers la mise en scène ; et Hans Zimmer qui, avec ses six bandes-originales, n’est pas la seul compositeur de la carrière du cinéaste, car David Julyan en a signé cinq, entre 1997 (Doodlebug) et 2006 (Le Prestige) et représente la partie la plus intimiste de sa carrière, là où son successeur s’est chargé de rendre ses plus gros films épiques avec son style empathique. On lui doit notamment le thème devenu iconique, de la saga Dark Knight.
Et il en va de même de l’autre côté de la caméra, le membre de le plus assidu de la famille d’acteurs constituée par Christopher Nolan étant Michael Caine qui, du haut de ses sept films, est de tous ceux réalisés depuis Batman Begins. Y compris Dunkerque, dans lequel il fait une voix. Viennent ensuite Cillian Murphy (cinq apparitions), Christian Bale et John Nolan (quatre), Tom Hardy, Gary Oldman, Morgan Freeman et Jeremy Theobald (trois). Puis des comédiens tels que Marion Cotillard, Joseph Gordon-Levitt, ou Ken Watanabe, vus à deux reprises chez le Britannique.
LE RÉALISME
Autre constante chez Christopher Nolan : le recherche de réalisme. Qui va de pair avec son approche des personnages et sa volonté de “projeter [les spectateurs] sur grand écran” en cherchant “ce à quoi nous pouvons adhérer.” Chez le cinéaste, cela passe donc aussi par l’aspect visuel et un refus du choix de l’image de synthèse par facilité. Il faut que ce soit un dernier recours, et c’est aussi pour cette raison qu’elles font bien souvent tâche dans ses films, exception faite des trous noirs d’Interstellar, d’une beauté fascinante.
Un parti-pris qui appuie un peu plus l’analogie entre un réalisateur et un illusionniste, dont les trucs sont tangibles, et fait du Prestige l’un des films les plus personnels et méta de Christopher Nolan. Ce dernier ressemble finalement un peu moins à Robert Angier, qui va se perdre en glissant légèrement dans le surnaturel, qu’à Alfred Borden, incarné par son Batman Christian Bale, britannique comme lui, et dont le tour a une explication tout à fait rationnelle. Encore plus lorsque l’on se rend compte qu’il travaille avec son frère… et que le cinéaste a co-écrit le scénario avec le sien. Un script qui, à travers son twist, évoque l’art et ce que chacun est prêt à faire en son nom. Sacrifices inclus.
Pour le réalisateur, il s’agit donc de jouer la carte du réalisme au maximum, et ce peu importe le genre dans lequel il s’illustre, pour mieux favoriser l’un des mots clés de son langage cinématographique : l’immersion. Du spectateur comme de ses acteurs, à qui il peut immédiatement faire croire aux mondes qu’il bâtit sur grand écran, qu’il s’agisse de sa version de Gotham City, d’un esprit, de nouvelles planètes ou d’une plage sur laquelle il rejoue un événement déjà inscrit dans les livres d’Histoire. Et va même jusqu’à tourner comme les cinéastes d’antan : “Nous nous sommes demandés comment les chefs décorateurs faisaient avant, et nous nous sommes retrouvés à construire des décors et bateaux en carton. Et même des soldats placés derrière les figurants, ce qui fonctionnait très bien.” Et notamment pour les comédiens.
“Ce mode de fonctionnement a aussi une conséquence pour les acteurs, car ces derniers n’ont plus besoin de concentrer leur savoir-faire pour donner l’impression de vivre une situation. Ils n’ont qu’à réagir car la réalité physique les entoure. Et c’est parce qu’il est dans la réaction qu’il a une profondeur d’interprétation perceptible par l’oeil du spectateur, qui peut lui-même réfléchir à la profondeur d’un comportement humain, plutôt que se contenter de découvrir le récit à travers le jeu de l’acteur. En tant que directeur d’acteurs, je peux avoir une relation beaucoup plus intime et profonde avec eux, car ils sont pris dans tout ce processus avec moi. Cela conditionne toutes les étapes.”
The Dark Knight, Le Chevalier Noir Bande-annonce VO
Après avoir retourné un camion en pleine rue et fait sauter un hôpital (désaffecté) pour les besoins de The Dark Knight, désossé un avion dans sa suite ou fait construire un décor tournant pour la fameuse séquence du couloir rotatif d’Inception – film qui ne contient que… 400 plans d’effets numériques (contre 1400 pour Avatar et 2547 pour Valerian) – il a mis la barre un peu plus haute encore et alimenté sa propre légende. Qui à générer de fausses informations : s’il bien mobilisé des bateaux et avions de l’époque (ou leur ressemblant), il n’en a pas vraiment crashé un dans la mer. “Je ne suis pas aussi irresponsable”, avait-il dit en riant à Empire en juillet 2017. Une anecdote qui en dit cependant long sur la façon dont la méthode nolanienne est aujourd’hui perçue et intégrée.
Une façon de faire et un pragmatisme que l’on retrouve dans sa mise en scène, très précise depuis son galop d’essai. Quitte à ce que cette précision extrême soit vue comme de la froideur. Encore plus depuis que la caméra portée de ses débuts a laissé place à une réalisation plus posée, où transparaissent une connaissance pointue des différents postes de son équipe technique, sans doute héritée du tournage de Following, où il a oeuvré en tant que scénariste, metteur en scène, monteur et chef opérateur.
Refusant de travailler avec une seconde équipe (“Je ne comprenais pas comment un plan pouvait être digne d’être sur l’écran mais pas d’être tourné par moi-même.”), il ne cherche pas non plus l’esbroufe ou le beau mouvement de caméra gratuit, allant droit au but avec un filmage direct, réaliste et proche de ce que pourrait voir l’oeil humain.
LA PELLICULE
À l’heure où des cinéastes tels que Steven Soderbergh tournent avec un iPhone, Christopher Nolan n’en démord pas : c’est la pellicule ou rien (pour l’instant). Conscient des possibilités qu’offre le numérique, il milite pour que ce ne soit pas la seule option pour un cinéaste. “Du point de vue de la palette et de la variation de couleurs que l’on peut avoir, le numérique ne nous offrira jamais ce que l’on peut avoir sur pellicule”, déclarait-il pendant le Festival de Cannes. “Même chose en ce qui concerne la résolution, le détail : nous sommes très loin de pouvoir comparer les deux supports.”
Des propos qui s’appliquent aussi bien pour les nouveaux films que la restauration des anciens : “Il s’agit de décomposer une idéologie qui est en train de se mettre en place quant à la restauration des films du patrimoine, et qui consiste à croire que restaurer un film c’est nécessairement le numériser et que la version numérique se subsitue petit-à-petit au format d’origine. C’est vraiment le pire danger qui les guette : le numérique permet d’archiver des films et d’y accéder plus facilement donc c’est un outil formidable dans cet objectif. Mais il ne se substitue en rien à la nécessité d’avoir d’abord le support d’origine, de le conserver pour l’Histoire et le futur du cinéma. Pour que ce support existe en tant que tel.”
Mais il n’y a pas que du fétichisme dans cette démarche, qui s’accorde avec le principe qui régit sa mise en scène et sa volonté d’immerger le spectateur dans ce qu’il lui montre.
L’image analogique est la plus proche de la façon dont un oeil voit le monde et il n’y a pas de meilleure façon pour le spectateur de se laisser emporter par l’expérience que lui offre le grand écran et d’adhérer à ce qu’il voit.
Et c’est tout naturellement que l’IMAX, dont il a été l’un des pionniers avec Batman Begins puis The Dark Knight, est devenu son support de prédilection. Quitte à devoir être patient dans un premier temps, car il n’était pas possible de tourner plus de quatre-vingt-dix secondes d’affilée sur une même bobine, et attendre que des améliorations technologiques voient le jour pour permettre de filmer Dunkerque intégralement dans ce format. Lequel, avec le 70mm qu’il affectionne également, s’accorde totalement avec son refus des effets numériques. Son utilisation lui permet donc de conserver sa ligne directrice, faite de réalisme et de pragmatisme, et de mêler tradition et modernité dans sa façon, précise, de concevoir un film.